La bête en moi

Publié le par Joëlle Pétillot

La bête en moi

Ce n'est pas moi, c'est la bête en moi qui pleure. Celle que je n'aime pas, cette inconnue qui fait tout à l'envers, farouche petite ennemie qui ricane dans un miroir perpétuel. Poubelle de l'âme, vide-poches de l'âme, rempli de pensées noircies comme des mégots, de clés rouillés qui n'ouvrent rien, ou si peu de choses.

Bureau Intérieur des Objets Trouvés, mais les objets trouvés commencent toujours par être perdus.

Où sont les rues qui me portaient aux heures fauves ? Les lustres des bals chargés d'étoles vénitiennes, et les femmes dont la robe nocturne soulevée par la brise ressemble à un vol ?

Assise, bien droite sous l'abri-bus, je regarde la pluie en attendant que l'enfance passe.

Ce n'est pas moi, c'est la bête en moi qui pleure.

Publié dans poésimages

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Chome 19/02/2014 19:48

"Tu pleures, mais au fond, là, tu sens, comme un petit plaisir." La robe nocturne gonflée de brise…quoi de mieux pour s'envoyer en l'air.

Bruno Fortuner 16/02/2014 15:31

Comme tu le dis bien, "je regarde la pluie en attendant que l'enfance passe."
ça résonne en moi avec: "le temps est assassin / Et emporte avec lui les rires des enfants" de Renaud,
Le temps qui passe, sujet qui est horriblement mélancolique et toi tu le dis bien!

Ryko Marty 15/02/2014 01:54

Une bête indomptable qui ne cherche pas à s'évader ? Même pour un petit tour de l'autre côté de l'enclos ? Encore faudrait-il pouvoir refermer la barrière derrière elle.