Mots griffés sur les images de Pascal Livani

Publié le par Joëlle Pétillot

Mots griffés sur les images de Pascal Livani

C'est une usure 

 

 

Une surface balayée de griffure 
Quelque chose qui se met à nu. 
 
Ainsi comme aux     humains l'usure   s'avoue, se dévoile, ainsi voit-on,
comme  une image d'impudeur,  
ce qu'il y a sous le  lisse, l'uni,
peut-être le  froid.

 

Et l'ironie est là. Vieillir est un ratage inévitable, mais il se prépare.

Dans  l'élégance, si possible.

 

Ici, l'élégance est un chat, né de l'absurde du temps qui passe, de  la pluie et du vent,  peut-être. Happé au  passage par un regard,  et celui-ci en le fixant  se dépouille un peu,  en mettant "dans la boîte"  ce qui sera vu par d'autres. Et  ces yeux démultipliés  vont s'approprier cette  tache, ce fragment, et  le faire renaître à  l'infini. 

 

 

 L'usure n'a donc pas touts les pouvoirs :
il suffit parfois que quelqu'un passe...
 
 
 
 

 
 
Je vous écris pour vous dire ce que vous avez fait de moi.

Ce mal qui peu à peu s'estompe, puisque le temps est le plus accompli des nettoyeurs.

Mais certaines blessures à jamais enracinées se survivront quand même, en ombres têtues. La douleur, c'est cabochard, ça ne lâche pas son os comme ça.

  Me reste de vous des griffures profondes, de celles qui dévisagent l'âme à tout jamais,    la rendent hideuse, destructible, et plus jamais lisse, plus jamais.

   Il n'y a plus en moi que cette grimace qui entaille sans saigner, marque sans se voir,    et se voit pourtant, dans l'incapacité qui est désormais la mienne à se poser, regarder le monde, et ne plus souffrir.

Elle est là, bien cachée au creux de mes sourires.

 
 
 
     Prenez garde. Griffure je suis , mais une griffure qui avance. 
 

 

 

 

Je rends la mort

orange, attirante et végétale. 

Ronger, prendre en douceur un peu de la substance intiale, choisir. 
Ne rien rendre. 
Ce qui est pris, est pris. 
Je suis cette rouille qui danse aux coques des bateaux, aux clous abandonnés, aux grilles mangées de lierre, à l'amour des humains. 

Parfois, je m'amuse. 
Je détruis en souriant. 
Je joue.

 

Je rends la mort orange, attirante et végétale 

 

 

 

 

 

 

Le rouge passionné comme un baiser qui mord, l'amour sous la peau,
les cris,
 
L'aurore
La noyade et le blanc dont l'écume se tord. 
 
L'appel à tous les absents, leur absence de réponse, 
L'appel est écarlate et rit sous la dentelle,
Le rouge passionné comme un baiser qui mord. 
 
Le chagrin flamboyant, le gouffre qui endort
 
Le monstre qui attend en riant de sa force, 
Nos doutes qui renaissent 
 
La violence tout près

 

 

 

Le rouge passionné comme un baiser qui mord. 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 

Publié dans poésimages

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Eric c 21/01/2017 11:45

Rouge noir gris orange rouge
Griffés mais non vieillis

Yvon Allain 13/04/2015 02:07

J'aime beaucoup: Je vous écris pour vous dire...

Henri 12/04/2015 18:13

Trop beau cette appropriation des griffures du temps!
Trop intimes ces stries profondes qui vous écaillent et vous renforcent...
Trop vécu (les cris aigus des filles chatouillées...)

Donc allons respirer à l'Aktéon théâtre le 18 avril, à la lecture du Boloss des Belles Lettres !!!

Henri 12/04/2015 23:31

https://www.facebook.com/events/394339820748318/

Joëlle Pétillot 12/04/2015 18:25

Aktéon... Beau nom.