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Publié par Joëlle Pétillot

Dépose minute

On vient là déposer les minutes, pour les reprendre un peu plus tard ?  

Un si joli mot composé pour dire l'arrêt, les passagers qu'on crache, le coffre ouvert dans la foulée, cette chirurgie voiturière propre aux départs, on enlève un organe à poignée, un à roulette, un avec des anses, vite, vite, et les adieux, brefs comme des aboiements.

Il ne faut pas que la dure déchirure dure.

Alors on referme sans recoudre.

On repart. 

Non ce ne sont pas les minutes qu'on dépose, c'est la fin d'un temps donné pour un autre, celui sans les précieux qu'on lâche, happés par les gueules de tous les possibles, la gare-chienne, le loup-terminal. 

Comme les mots sont banals, dans ces séparations là, au-revoir, merci, bon voyage, bisous à x, dites quand vous êtes arrivés.

Se séparer est pauvre en vocabulaire. Sauf à lire Racine : "Dans un mois, dans un an, comment souffrirons nous, seigneur/ que tant de mers me séparent de vous..."

Mais les alexandrins, gare de Lyon...

Dépose minute.

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Angelilie 08/08/2020 16:09

J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et un blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers (lien sur pseudo) A bientôt.

Joëlle Pétillot 10/08/2020 07:47

Merci beaucoup. Je suis sans ordi pour un temps. J'irai voir dès que je le pourrai. Bonne journée.

Alain Nouvel 24/06/2020 18:42

"Que le jour recommence et que le jour finisse
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice" (...)
Mais de nos jours (si je puis dire), les jours et les nuits les secondes et les minutes se comptent sur les doigts d'une main pour calculer le temps qu'il faut avant d'arriver à bon port. A bon port... Je ne sais pourquoi mais ton texte me fait penser à Gainsbourg et à sa chanson "L'anamour" ... Juste que cette chanson, je l'avais entendue pour la première fois en Guadeloupe où je vivais à l'époque, et pour y aller là-bas, j'avais pris, pour la première fois un Jumbo jet, un Boeing 747, intercontinental... Et j'avais entendu "Aucun Boeing sûrement transite l'aéroport de mon transat" et je voyais un de ces petits aérodromes des Antilles, qui ne pouvaient accueillir que des petits avions à hélice, avec au lieu de clim les pales paresseuses de ventilateurs... Ton texte m'a replongé vers ces aventures aéroportuaires... Un beau "dépose-minute" de ces heures anciennes, à vrai dire. Bises.

Joëlle Pétillot 24/06/2020 18:46

"Sans que de tout le jour je puisse voir Titus... Heureuse d'avoir éveillé de jolis souvenirs. merci d'avoir transité de ton transat ici.