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Publié par Joëlle Pétillot

La nuit d'Icare

La mer m'entraîne dans ses bras de vagues au creux de profondeurs ignorées d’elle-même.

Je suis tombé sans un cri, comme mes ailes. La chute était belle ;  l’espace tient des villes, de hautes montagnes noyées de glaces, des ports ne sachant que le bleu.

De la cire amollie montait un parfum miellé venu d’une enfance que je n’ai pas eue.

Les nuages voyagent, marbres riants de transparence. Tombant droit comme une coupure j’ai croisé l’or du soleil et ses chevaux rapides, la pluie d’un presque hiver, l’aube et le crépuscule en un seul rayon, l’orage transmetteur d’impatience.

Brièveté qui m’aura donné à gaver mes yeux d’azur, ouvrir la bouche à vaste goulée pour avaler le froid de l’air et contenir la brûlure.

——————

Devenir salé.  Je tombe et vois ma mort irisée sur des barres d’écume qui bientôt porteront mon nom. Survivance comme une autre, aimée des dieux.

Le tien, mon père, pour un labyrinthe. ..

Voir de si près la source du feu, pour une mort sans bûcher. Mon temps aura été trop court pour la guerre chère aux aèdes. Qu’importe ? 

Le rêve d’envol s’est écrit d’abord en lente montée vers le ciel,  immersion dans le ventre d’une promesse tenue. Ces ailes grossies de ta patience et de mes rêves, mon père. 

Je sais tes pleurs, maintenant. Pardon.

Te désobéir, c’était marquer mon droit à l’incandescence.  

Ne pas voler revient à compter l’espace. Il se doit d’être infini.

Je ne meurs pas, je m’ensommeille dans une gifle.

 

 

 

 

 

 

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Commenter cet article

Angelilie 01/09/2020 18:37

J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et un blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers (lien sur pseudo) A bientôt.

Joëlle Pétillot 01/09/2020 18:46

Vous m'avez déja écrit (ou devrais je dire copié collé la même chose sous un autre texte. ???? J'aime être libre d'aller voir ou non, et attache du prix à la sincérité du com. Quand je vais chez les autres j'y vais pour voir ce qu'ils font, sans chercher à me placer. Mon moteur est la seule curiosité et cette façon de faire (insister) me douche un peu.

Angelilie 01/09/2020 18:37

J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et un blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers (lien sur pseudo) A bientôt.

Bruno Fortuner 29/08/2020 13:52

Que de mots si bien agencés pour dévoiler un pan de toi sans trop en dire toutefois. Et puis ce "aède" que je découvre et que j'emporte, on ne sait jamais il pourrait être utile.

Alain Nouvel 28/08/2020 17:10

Quel beau texte énigmatiques, aux mots venus d'ailleurs et s'agençant de façon soudaine et secrète pour produire un sens au-delà du sens... Je ne sais pas bien ce que j'éi lu mais ça venait des profondeur, salé et pur comme un océan de larmes.

Clément G. Second 28/08/2020 16:52

Ce texte d'une magnifique ampleur complexe relève d'une pièce de théâtre à écrire ; mieux encore, d'un Opéra. Créez-le, chère Joëlle. Je vous en crois - que dis-je croire ? Je vous en sais capable.