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Publié par Joëlle Pétillot

 

Désorientable

À merci

La ligne de suite est sans fin

Elle trace

Quelle émergence au coeur de nuit, quelle fraction, je ne sais pas. 

J'en compte un si grand nombre

Alors que je n'ai pas encore vieilli.

La route me dévore, elle ne m'attend plus.

Le temps est l'ennemi, il va plus vite que nous, plus vite que la route elle-même. 

                                                                 

                                                               Nommez vous, vous qui m'oubliez.

 

C'est sur le sang des hommes que je marche

Mes pas n'absorbent rien, sauf mon propre cri.

Le vent ne renvoie rien

Mes cheveux ne dansent pas sous sa main.

Ma voix ne transmet rien

Les chants qu'elle a nourris n'ont plus de corps.

Je souffre et cela prend du temps.

                                                               Nommez vous , vous qui m'oubliez

 

Dormir est une île

Comme la satiété

Comme la tiédeur

Comme un sourire hors mépris.

 

La terre que j'ai quittée ne prononcera plus mon nom

Nommez vous , vous qui m'oubliez

 

Mon enfance est trop vieille pour vous. 

 

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E
Oh comme c'est justement et joli ment dit!
Merci pour cette île escale. J'y resterai quelques jours.
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C
La route dévore toujours: 1 kilomètre à pied, ça use, ça use...les souliers, en attendant la suite.
Mon enfance a eu beau vieillir, elle a gardé toute sa fraîcheur,
comme toi !
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P
L’exilée du contemporain... Fort, très fort ces mots d'incompréhension !
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M
bravo.
Marcel.
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N
Comment se nommer si on t'a oublié?... Ce texte parle avec urgence, il est comme un cri du temps lui-même. Toi qui n'as pas encore vieilli, ne vieilliras jamais, plus jamais... C'est beau comme une mélodie. Comme la comptine d'une enfant... qui aurait grandi.
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B
comment un dessin remarquable par sa concision et un texte qui va chercher si profond dans les racines de l'inconcevable, traduisent au plus près l'abstrait de ce que nous voyons dans les informations ou les commentaires.
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