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Publié par Joëlle Pétillot

Panache

D’une branche à l’autre du chagrin

la rousseur s’éloigne

et fait comme une entaille

dans le dos.

 

Les larmes qui ne viennent pas,

rivière sèche

ou torrent caché ?

 

Il est joli, l’affût du deuil

bondit, s’accroche

retombe

va vite à disparaître...

remballe ta pomme de pin

suceur de moëlle

les os sont vides, comme la tête.

 

Deuil de malice

deuil de verre

deuil écureuil

vie mécanique 

sourire compris.

C’est un combat, un vrai

ce silence qui serre les poignets

ce sans voix et son vide maudit

grignoteur de rires.

 

Mais je le gagnerai

je prendrai toutes les aiguilles

des pins du monde

pour me coudre un habit d’Arlequin

avec des pans de ciel.

 

 

 

 

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H
Très joli dessin, Joëlle. Je le trouve très inspirant.
Votre poème me donne plus à réfléchir. On croit savoir parfois dans le jeu des apparences, mais on découvre des choses dans le temps. Entre ce qui est dit et ce qui est tu, tout un univers. Très beau poème, comme toujours.
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J
Merci Hayat. Vous lisez loin, comme toujours. Belle empathie.
C
Très, très touchant. Et puis, le jeu de mots autour de l'écureuil - sur le seuil du deuil à prévoir la réserve du temps et des aiguilles avec, en finale, la couture patiente.
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J
Bonjour Geneviève ! Touchée de votre passage. A vite.
A
Trop beau ton texte, poignant comme un chant de rossignol. Il passe, comme d'habitude, sans faire trop de bruit, c'est après son passage qu'il se révèle... Écureuil si léger rime avec deuil mais aussi avec seuil. Des pensées vers toi et ta vie, vers tout cet ici et maintenant vide et ouvert. J'entends un peu tout cela, sans vraiment l'entendre, mais ton texte le donne à serrer contre son cœur.
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A
Tout est beau ici, l'illustration parfaite, le dessin, les couleurs, aussi légers que les mots. Mais le meilleur à mes yeux est ici "Mais je le gagnerai
je prendrai toutes les aiguilles
des pins du monde
pour me coudre un habit d’Arlequin
avec des pans de ciel." Merci Joëlle :-)
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J
Merci miss Gahète ! À bientôt.
C
Panache, panaché toujours sur la branche ! Vos feuilles (texte et image) captent et restituent cette fichue complexité de vie... Rousseur intermédiaire qui me fait loin songer.
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J
Clément, votre oeil affûté et vos mots qui le sont tout autant font naître un grand sourire. Joie de vous lire.
S
Panache! très inspirant ce poème, où le deuil revient si fort ..
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J
Merci infiniment Sophie ! Hereuse que cela parle à une fine plume.