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Publié par Joëlle Pétillot

Bien sûr

Bien sûr, l’enfance, les en-allés.

Bien sûr l’écho qui se décolore

Bien sûr le galop des aiguilles à coudre la pendule pour un temps de ravaude, veillons les déchirures, ourlons-les proprement.

Bien sûr la joie, l’enfant voulu, le ventre qui palpite, ne nous appartient plus.

Bien sûr le grenier dans la tête, sans escabeau.

La pluie sur la fenêtre, les marrons chauds en fond de poche, la neige verticale au silence bien droit.

La crème au café, Couperin qui tic-toc choque, bien sûr les rêves inaboutis ; mais ceux qui vous envoient une carte postale par jour et disent « Bien arrivés ».

Bien sûr la dorure du fugace, le jardin qui s’endort et parle dans son sommeil des mots de feuilles tombées, de virgules à plumes qui bondissent et disparaissent car une ombre, venue parmi les ombres, a la forme d’un chat. Aussi les branches tremblent-elles une seconde à grand bruit de gifle, et puis plus rien.

 

Bien sûr la brouette posée, celle du tour du monde, ce wagon poussée à mains nues par une mère-grand qui chante « En sortant de l’école, nous avons rencontré… ». Les absences-présences saupoudrées dans l’air, rires, regards, cris…

Bien sûr l’urgence.

Enfin, tendre, tête ennuagée, œil de lune, pieds au sol, tendre, grandir, chercher, demeurer, et retrouver toujours ce que je crains de perdre.

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C
Plein de neko et ma copine بچه گربه ایرانی courtes-bottes !
Que du joli ici, un dessin très maîtrisé (avec un arbre peint au café), et un très beau texte ♥
Encore, ma Boudune.
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J
Même pas au café, l'arbre... Mais ça a bien failli ! Merci pour ces douceurs venues d'un grand connaisseur. Oui, courtes bottes conduit les tracteurs et trimballe son petit frère. C'est une héroïne. Et les petites du soleil levant, ce n'est pas un tour du monde qui les effraie, elles l'ont fait en avion plein de fois ;-)
A
Je suis solidaire, bien sûr, moi qui ne peux qu'imaginer les rires et les bouilles de mes petites ....
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J
Merci, pensée pour vous et pour toutes celles qui sont dans ce cas. Nous sommes nombreuses, bien trop.
A
Bonjour Mère Grand, avec tes aiguilles "pour un temps de ravaude" et cette nostalgie palpable dans tes mots ... Je devine que tes petites-filles sont parties après avoir été si proches. Tendresse vers ta tendresse, de nous deux.
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J
Merci Alain. J'ai vu mes trois petits persans en septembre, chez eux (séjour trop court hélas pour venir te voir), et quant à mes japonaises... Pas vues depuis un an , et ce n'est pas maintenant qu'elles vont pouvoir venir, ni nous aller là-bas... Je vous embrasse tous les deux, faites bien gaffe...
M
Bien sûr, surgissement de l'émotion.
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J
Merci Mireille. A bientôt se croiser en attendant se croiser vraiment, parler ensemble, prendre un café...TU sais, ce qu'on pouvait tous faire sans y penser avant... Amitiés.
P
Un plaisir de vous suivre :) passez me voir sur mon blog (:
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J
Chez moi on dit s'il vous plaît ;-)
A
Et bien sûr, en lisant ces mots, d'autres plus intimes à chacun se réveillent et s'animent, bien sûr, comme l'apprentissage à repriser une chaussette parce qu'on ne jette pas si vite ici, comme la main dans le dos qui le quitte doucement parce que nous pédalons tout seuls. Bien sûr, avec tes mots, tout nous revient.
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J
Amélie, toujours une joie. Oui, le vélo, aussi... Prends soin de toi. Je t'embrasse.