Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Tout péter

Tout péter

Tout péter

la peinture du vieillir

le bonjour au voisin

le merci à la dame

l’ordre des saisons

le tablier gras du quotidien

l’usure

tout péter le bord des choses

la peur du temps

pulvériser

au champ de mines le souvenir-rasoir la barbaque d’amertume

tout ce qui a saigné

les cris anciens

rauques comme ceux des pies

ceux des corbeaux

 

l’angoisse du rejet la blessure

 

l’hypersensiblité et ses wagons remplis

oh le charbon noir de ce train là

plein ras la gueule de souffrance inutile

qui bave sur le ballast

en en foutant partout

 

tout péter les codes

tous les codes

code couleurs

codes barres

code de la route sinueuse

tout péter ces jeux d’insincères

le mot « ami » devenu gouffre

devenu ravin

devenu néant

le pseudo des admirations les cocktails des gloriolés

la parade les pauvres rots d’influenceurs

 

 

tout péter ce qui m’attache en prétendant me relier

le temps qui crée l’ennui

la pluie qui dit la mort

la mer qui ment

la lune et son silence railleur

l’orgueil de verre

les nuits hantées

la maladie des aimés

la pile du pont

laissez passer la rivière

tout péter dans les cimetières

foutez la paix aux morts

ils sont partout sauf là

tout péter des enfances ratées

la fugue qui avorte

tout péter les étoiles

ces mortes dans un noir trop profond, vivantes d’un scintillement qui n’est même pas le leur

 

tout péter

à se briser les doigts

à briser l’envie

à me briser moi

et qu’on ne retrouve pas les morceaux

de ce corps enveloppe qui dupe

ce rire qui ne dit pas la vérité,

ou pas souvent, pas assez

 

Tout péter des quatre murs de la maison, sauf celui qui porte le lierre

que mon âme

enfin

pèse le poids d’une mésange.

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
Joëlle Pétillot


Voir le profil de Joëlle Pétillot sur le portail Overblog

Commenter cet article
P
Je viens de vous découvrir grâce à Ouessant. Je prendrai le temps de tout regarder peu à peu, mais d'ors et déjà les quelques textes que j'ai lus me parlent profondément. Merci.
Répondre
C
Ma grand mère disait de ceux qui avaient le nez "en trompette": "il regarde péter les anges".., Toi, c'est donc les mésanges..!
Répondre
D
Belle énergie pour ce casse des codes.
Répondre
J
Merci Mireille. Je hais les codes ;-)<br />
C
yeeeeees !!! et enfin une couleur nouvelle : gloriolé ! j'aurais bien envie de l'essayer partout: "pantalon de soie grège aux rehauts simplement gloriolés ..." ou bien " en son teint épousé par tant de tristes chemins , le soleil le fit roi, en ce dernier instant, d'un filon gloriolé ." ... la pâleur incisive d'un écart gloriolé "... bref , je vous lis, j'me la pète !
Répondre
J
Mais n'hésitez surtout pas ! J'aime être utile ;-) Merci Cyli
H
Ça c'est du swing ! Ya tout ! Le fond, la forme, le rythme, la mélodie. Un "très grand merci beaucoup" pour ce superbe et formidable texte :)
Répondre
J
Merci.
B
Sinon, ça va?<br /> Ah que je t'aime quand tu es en pleine forme !<br /> MA-GNI-FI-QUE! J'adore
Répondre
J
je suis bien contente, alors. Et t'embrasse avec fougue. Bises trop rapides, je repars, mais bises !!!