Absence de théorie et non pratique des choses
Elles traversent le jardin d'un vol sautillant et pressé, branche bien horizontale en bec, solidement tenue. On s'affaire, et ce n'en n'est pas une mince que de se construire le studio qui va bien, confort maxi et remplissage à l'avenant, pour la petite...
C’est une promenade où tous les temps s’amusent.Celui qui passe, celui qu’il fait. Soudain, la perfection du moment est telle qu’on ne vieillit plus. Les voix tirent des bords près de l’eau, deux rives coupantes au soleil diagonal ralliant le lac battu...
Je ne connais pas les ténèbres. Le noir tient dans ses profondeurs des fourmis d’étoiles et la lune aux mille visages, hantée d’une lumière qui n’est pas la sienne. Je ne connais pas le silence. Trop de chagrins et de joies humaines fauteuses de trop...
J’aimais Courbet, sans être extasiée devant toute ses toiles. « L’enterrement à Ornans », par exemple, me semblait glaçant : trop grande technique, personnages figés, étrangeté du chien... Pourtant, ses autoportraits, certains paysages, les abîmes de...
L’heure incertaine ou l’obscur joue à perdre contre l’aube. Il faut dire pour coiffer un silence au poteau. Même ainsi je ne suis pas sûre qu’il meure. Dire la nuit des choses comme une mort dont on s’éveille, le têtu à vivre, les silences glissés dans...
On peut rater bien des choses dans cette vie: un examen, un rendez-vous, un bus, une sortie d’autoroute, un rôti, un poème. Pas grave. Mais il en est une qui ne se peut louper, en aucune façon, jamais : j’ai nommé le baiser en général, et surtout, LE...
L e silence des phares retient la mer par la lente torture des vagues sur les rochers, et leur fierté à ne pas se rompre. Poignard sur la houle, qu’il ouvre en grand, sans blessure, le silence des phares ne se ressemble pas. Il dit la solitude comme la...
La mer enfant nue déshabillée d’écume dévore tous les cieux du monde mesure l’oscillation d’un temps de sel lèche de vagues insaisissables un pied menu de fée marine les nymphes dansant sous la nuit leur chant remplit les profondeurs aucun silence posé...
Paru le 6 novembre 2025 aux éditions Fables fertiles, Chergui est le tout nouvel ouvrage de la novelliste, poète et romancière Joëlle Pétillot. C’est ...
La porte qu’on n’ouvre pas la porte veille tout verrou dehors et rien ne surgira de ces fantômes sans cris ni des gouffres où ils vivent.
Sinueux le cri lent bégaye Sa part d’amour inachevé Au soleil bas les mots s’empourprent La mer, le fleuve-temps, La voix de toutes les rivières Le décalque de nos vies brèves Rien ne se tait Jamais vraiment Car il n’est de vrai silence Que dans l’as...
Pour la voix...
Si tu pouvais ne plus battre sur la vie douce chercher ailleurs Si sonne comme une presque fin de la gamme de la douleur Éparpille vite fais de moi un lambeau lapide je suis prête à te donner la pierre mais je sais ce ne serait plus drôle je sais Tu vas...
La fenêtre est tendue d'un fin rideau de pluie. La voix laboure un champs de bruine Tandis que sur mes lèvres En brise-bise S'impriment les dentelles de l'eau.
parfois ma main écoute je pose mes mains où rien ne bat que des fissures ma voix de papier a fait des cendres de nous et pourtant juste là sans chaussures pieds aussi nus que moi je sais voler.
Tendre vers tant de légèreté Qu'on pourrait provoquer D'un battement de cils Sa propre assomption. Soulève de tes épaules le plomb du monde Démets-toi du poids de la terre Vole, petit Atlas.
Une ombre peintre branche sur le blanc l'âme d'une seconde vivant brouillon tatoue l'immaculé qui bouge mais tout disparaît vite la lumière écrit sur une sculpture de vent et ils n'achèvent jamais rien.
La blancheur du bateau dessine le lac trace en creux vivant son avidité de souillure. L’eau ou l’écume recoud il n’y a pas de cicatrice.
Le papillon coud le jardin poétique du fragment la feuille la fleur chaque île où il se pose ne plie pas ou à peine infime foudroiement brise ou brisure que dit la lumière à ce livre sans milieu ouvert fermé vivant que mes pieds sont de glaise je n’ai...
Toi , rouge fait de mille rouges j’ai mille vies à ne pas finir mille routes à tisser mille frissons à gémir avant de dévorer l’aube à l’heure des possibles Illustration : peinture de Pierrette Jacqueson
Avis de naissance. Nouvelles, récits. Le 15 juin. La mère et l'enfant se porteront à merveille, je présume. Bien à vous tous.
Peinture : Stéphanie PÉTILLOT
À la croisée des hanches, des mains posées comme des barques. Un temps d’épaule où s’imprime le sommeil Un regard bleu-gris et ce qu’il reçoit d’azur L’été de ton œil parle Mon corps écoute